6 conseils pour débuter en photographie architecturale

Publié le 10 décembre 2025 par MPB

Dans de nombreux genres photographiques, on a souvent l’impression qu’il existe un ensemble de « règles » tacites. En portrait, il faut des yeux parfaitement nets. En photographie animalière ou de nature, on recherche une précision irréprochable. Et en photographie architecturale, on vise des lignes impeccablement droites. Ian Howorth, qui se décrit lui-même comme un novice en photographie d’architecture, s’est plongé dans cet univers. Voici ce qu’il a appris sur le tilt-shift, la perspective et la composition au cœur de l’emblématique icône brutaliste de Londres : le Barbican.

Les conseils de Ian en photographie architecturale sont :

  • Utilise un objectif à inclinaison-décentrement (mais ce n’est pas indispensable)

  • Pense à photographier en noir et blanc

  • Aligne les bords des bâtiments avec ton cadre

  • Insuffle de la vie à tes images architecturales

  • Sers-toi d’un trépied

  • Pratique régulièrement et entraîne ton œil

La photographie d’architecture m’a toujours fasciné, autant pour son aspect technique que pour sa dimension artistique. Je l’ai toujours perçue comme une collaboration entre l’architecte et le photographe — même si l’architecte n’en a pas forcément conscience. Le défi consiste à trouver des lignes et des formes qui dialoguent entre elles, et à deviner ce que l’architecte avait en tête lorsqu’il a posé ses premières esquisses sur le papier. Mais au-delà de l’analyse et de la lecture de l’art dissimulé derrière les briques et le béton, il y a un autre défi : trouver ta propre voix en tant que photographe d’architecture. Savoir ce que tu peux tirer d’un dédale de monolithes pour créer une image vraiment intéressante

Canon TS-E 17mm f/4 L, Canon TS-E 24mm f/3.5 L II and Canon TS-E 90mm f/2.8 d'occasion

1. Utilise un objectif à inclinaison-décentrement (pas indispensable)

Comme j’avais accès à des objectifs à inclinaison-décentrement, je me suis dit que ce serait l’occasion idéale de les mettre à l’épreuve. Après tout, ils peuvent aussi s’utiliser comme des objectifs classiques, ce qui me laissait plusieurs options. J’ai donc choisi de travailler avec le Canon 17mm f/4 L, le TS-E 24mm f/3.5 L II et le TS-E 90mm f/2.8, montés sur un Canon EOS R5 grâce à un adaptateur Canon EF-EOS R.

Je suis arrivé au Barbican par une journée plutôt terne. Pas de pluie, heureusement, mais ce genre de journée d’hiver typiquement londonienne. J’ai d’abord pensé qu’un rayon de soleil aurait permis de créer des formes plus intéressantes, mais finalement, l’absence de lumière dramatique m’a offert une bonne occasion de me concentrer uniquement sur l’architecture : les bâtiments, les volumes, la structure. Cela m’a permis de saisir l’ambiance générale sans compter sur des effets extérieurs pour renforcer mes images. Au départ, j’ai trouvé l’apprentissage des objectifs à inclinaison assez déroutant, surtout en ce qui concerne la correction de perspective. Les structures isolées étaient relativement simples à redresser grâce aux mouvements de l’objectif : en combinant mon positionnement et les ajustements du tilt-shift, j’ai pu obtenir quelque chose de globalement droit.

Ian Howorth | Canon EOS R5 | TS-E 90mm f/2.8 | 90mm | f/7.1 | 1/100 | ISO 400

Au départ, je pensais que l’essentiel du travail se ferait avec le 24 mm TS-E, et beaucoup moins avec le 90 mm. Au-delà du casse-tête que représente la prise en main du tilt-shift, c’est aussi une focale que j’utilise très peu — sauf en studio. Pourtant, j’ai découvert qu’il y avait autant d’intérêt à s’approcher au plus près de ces monolithes de béton qu’à prendre du recul pour offrir une vue plus large.

Ian Howorth | Canon EOS R5 | TS-E 90mm f/2.8 | 90mm | f/9 | 1/60 | ISO 1250

Mais la première chose que j’ai apprise, c’est qu’on n’a pas besoin d’objectifs à bascule et décentrement pour se faire plaisir. L’essentiel, c’est de réussir son image avec l’équipement que l’on a — c’est même ce qui permet, au final, de mieux entraîner son œil. Bien souvent, j’avais l’impression que les réglages de tilt-shift n’étaient pas nécessaires… mais je les utilisais quand même, simplement parce qu’ils étaient à ma disposition.

J'ai trouvé légèrement difficile de garder mon œil concentré sur plus d'une longueur focale et de vraiment tirer le meilleur parti de l'endroit. Je suis sûr que si j'avais fait la promenade avec l'un des trois objectifs, j'aurais obtenu de superbes clichés—simplement parce que mon cerveau aurait été concentré sur quelque chose de plus spécifique. Changer était difficile, car j'avais alors l'impression que je pouvais faire fonctionner cette longueur focale pour moi. Mais ensuite, la peur de rater des clichés s'est installée, donc j'étais constamment entre regarder large et regarder serré. Cela pourrait être juste moi, mais c'est quelque chose à garder à l'esprit si vous photographiez avec des objectifs fixes.

Canon EOS R5 d'occasion sur fond bleu

Canon EOS R5 d'occasion

Pour les objectifs à mise au point manuelle, utilise un appareil hybride. Mes trois objectifs tilt-shift étaient entièrement manuels. L’un des grands avantages de la technologie des appareils hybrides, c’est le focus peaking. Avec le 90 mm en particulier, le focus peaking m’a permis de vérifier précisément ma mise au point et d’être sûr de ne pas la rater.

2. Pense à photographier en noir et blanc

Je voulais me concentrer sur la lumière et les formes, alors j’avais prévu de photographier en noir et blanc. Il me semblait également important de travailler avec des profils monochromes, afin d’éviter toute distraction liée à la couleur. Pour moi, le noir et blanc repose avant tout sur la composition, les tonalités et les formes. C’est plus épuré, mais pour en tirer le meilleur parti, j’aime vraiment voir le monde directement en monochrome : cela m’aide à entraîner mon regard à repérer ces éléments essentiels. Cela dit, tu n’es pas obligé·e de faire la même chose. Si tu hésites, tu peux tout à fait photographier en couleur et convertir en noir et blanc par la suite. Mais si tu es déjà convaincu·e par une approche monochrome, ça vaut la peine d’essayer de shooter directement en noir et blanc.

Ian Howorth | Canon EOS R5 | TS-E 90mm f/2.8 | 90mm | f/7.1 | 1/60 | ISO 1250

3. Aligne les bords des bâtiments avec ton cadre

L’image ci-dessous a été ma toute première photo de la journée, et aussi celle que je savais vouloir obtenir. Mon objectif principal était d’aligner parfaitement les côtés du grand bâtiment avec les bords du cadre. Les bâtiments situés de part et d’autre étaient moins essentiels. Et, comme tu peux le voir, celui de gauche n’est pas parfaitement droit mais cela reste acceptable. Avec mes connaissances encore limitées, j’ai vite compris qu’il existe une frontière à ce que peut corriger un objectif à bascule et décentrement. C’est particulièrement vrai lorsque les sujets se trouvent à des hauteurs différentes. En pointant simplement l’appareil vers le haut, tous les bâtiments du cadre se retrouvaient affectés par la perspective. L’inclinaison m’a permis d’atténuer en partie ce phénomène, mais pas de tout corriger. Au final, j’ai dû faire un choix : déterminer quel bâtiment serait mon point focal. À vrai dire, entre l’angle, la perspective et les variations de hauteur, les paramètres étaient si nombreux qu’il était difficile de trouver une solution qui équilibre parfaitement l’ensemble.

Dès que j’ai repéré cette scène suivante, j’ai su qu’elle serait bien plus simple à corriger. Les deux bâtiments situés aux extrémités avaient quasiment la même hauteur et étaient orientés de façon similaire. Une simple correction d’inclinaison avec le 24 mm a suffi pour obtenir le résultat souhaité.

Ian Howorth | Canon EOS R5 | TS-E 24mm f/3.5L II | 24mm | f/7.1 | 1/80 | ISO 400

4. Insuffle de la vie à tes images architecturales

Au-delà de la relative simplicité de redresser les lignes, la photographie architecturale consiste aussi à révéler ce qui donne vie à un bâtiment, ce qui le rend réellement intéressant. C’est un aspect totalement différent de la seule maîtrise technique. En somme, la vraie question est : comment puis-je capturer cette scène de façon à en restituer l’essence ?

Ian Howorth | Canon EOS R5 | TS-E 17mm f/4 L | 17mm | f/13 | 1/50 | ISO 640

Un léger ajustement de l’inclinaison était nécessaire : je sentais que la courbure risquait de prendre le dessus et de reléguer le bâtiment au second plan. Ce qui comptait vraiment ici, c’était la perspective et la ligne courbe du croissant. Et, bien sûr, on ne va pas se plaindre des nuages menaçants qui ajoutent une touche de drame à la scène.

Ian Howorth | Canon EOS R5 | TS-E 90mm f/2.8 | 90mm | f/9 | 1/80 | ISO 640

Le Barbican est l’un des monuments emblématiques du brutalisme. Pour lui donner vie, tout se joue dans le choix des angles et dans l’exploitation du contraste naturel qu’offrent la lumière et les textures. Peu à peu, ta manière de photographier et ce que tu choisis de montrer, devient ton meilleur guide. Tu trouveras naturellement ton propre langage visuel, ta manière de faire et de voir le monde. Alors oui, avoir quelques repères pour aborder un nouveau style peut aider. Mais il y a aussi beaucoup à gagner à t’accorder de la liberté : explorer, expérimenter et laisser ton instinct te mener là où il le souhaite.

Ian Howorth | Canon EOS R5 | TS-E 90mm f/2.8 | 90mm | f/9 | 1/30 | ISO 400

5. Utilise un trépied

Emporte un trépied — et utilise-le vraiment ! J’avais bien le mien avec moi… mais je ne m’en suis pas servi. Pour être honnête, j’avais peur qu’au Barbican on me demande de partir parce que j’aurais eu l’air trop « pro ». Pourtant, sur plusieurs prises de vue, il m’aurait été d’une aide précieuse.

Les raisons sont doubles. D’abord, un trépied permet de mieux contrôler la profondeur de champ et d’utiliser des ouvertures plus petites pour gérer la texture, sans devoir monter l’ISO ni sacrifier la qualité d’image. Même si j’ai obtenu de très beaux résultats à petite ouverture, certaines images auraient clairement nécessité un trépied pour fermer davantage et gagner en profondeur de champ. Ensuite, certains mouvements des objectifs à inclinaison sont si subtils qu’ils deviennent immédiatement inefficaces lorsqu’on photographie à main levée. Avoir un point de vue parfaitement stable change tout : cela garantit une précision accrue et une cohérence bien plus fiable dans les ajustements.

Ian Howorth | Canon EOS R5 | TS-E 24mm f/3.5L II | 24mm | f/7.1 | 1/40 | ISO 400

6. Continue à pratiquer et entraîner ton œil

Dans un genre où la composition est essentielle, j’ai tout de suite remarqué à quel point j’examinais minutieusement chaque partie de mon cadre avant d’appuyer sur le déclencheur.

Lorsque tu examines de près chaque sujet, chaque ligne et chaque détail de ton cadre, ton regard s’aiguise. Tu apprends à éliminer ce qui n’apporte rien à l’image et à ne conserver que ce qui renforce ta composition. Que la photographie architecturale devienne un pilier de ton travail ou que tu n’y reviennes qu’occasionnellement, une chose est certaine : elle entraîne ton œil et t’oblige à rester pleinement présent dans l’instant. Et cela t’aidera à réaliser de meilleures images, quel que soit l’équipement que tu utilises.


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