
On a testé le Sony A9 III sur le Culture Surf Festival
Publié le 2 février 2026 par MPB
Je suis Paul Lavoine, un photographe et vidéaste spécialisé dans la photographie de surf depuis bientôt 5 ans. La semaine dernière j’ai été engagé pour photographier le Culture Surf Festival au Jo&Joe à Hossegor. Pour l’occasion MPB m’a gentiment prêté un boîtier que j’avais envie de tester depuis longtemps : le Sony A9 III. J’ai l’habitude de parcourir le monde à la recherche des plus belles vagues pour les shooter avec mes deux boitiers, le Sony A7S III et le Sony A7R IV.

Sony A9 III d’occasion
Quelques éléments techniques qui caractérisent le Sony A9 III
Capteur Plein format de 24 mégapixels
Enregistre des vidéos 4K jusqu’à 120fps
Sortie HDMI pour moniteur externe
Deux emplacements carte mémoire qui prennent en charge la CFexpress Type A et SD
Autofocus complet et intelligent avec jusqu’à 759 points de contrôle
Écran LCD tactile multidirectionnel sur tous les axes
Obturateur électronique allant jusqu’à 1/80 000s en photo (vitesse d’obturation compatible avec le flash)
Stabilisation interne sur 5 axes
Obturateur Global
Rafale jusqu’à 120 images par seconde

Paul Lavoine | Sony A9 III | FE 12-24mm f/4 GM II | 24mm | f/2.8 | 1/2500 | ISO 800
Avantages
Son écran orientable
Sa rafale ultra puissante
Ses boutons et molettes très complets
Inconvénients
Ses capacités en basse lumière
Sa résolution de pixels
Son prix

Paul Lavoine | Sony A9 III | FE 24-70mm f/2.8 GM II | 24mm | f/4 | 1/200 | ISO 800
Obturateur Global
Avec son A9 III, Sony a réalisé une réelle innovation dans le monde des appareils sans miroir en l’équipant du tout premier obturateur global. La particularité d’un tel capteur est qu’il saisit l’information d’un seul bloc sur l’entièreté de sa surface à l’inverse d’un rolling shutter qui lui enregistre l’information ligne par ligne.
Cela offre de nombreux avantages, notamment la capacité de synchroniser le flash à n’importe quelle vitesse d’obturation (contre une limite de 1/200 pour un appareil classique), très pratique quand on photographie de l’action de nuit.
Cet obturateur global est uniquement numérique, grâce à cela on peut shooter sans bruit de déclenchement (pratique pour avoir des clichés plus authentiques sans attirer l’attention des sujets). Mais cela permet aussi d’atteindre une vitesse d’obturation record de 1/80 000s ce qui est bluffant (et toujours possible d’être synchronisé avec un flash).
Pour la vidéo c’est vraiment une nette amélioration qui permet de filmer à main levé. En effet si le plan a besoin d’être stabilisé en post-production l’effet sera bien plus naturel car dénué de « rolling shutter effect ».

Paul Lavoine | Sony A9 III | FE 24-70mm f/2.8 GM II | 70mm | f/2.8 | 1/125 | ISO 5000
Le revers de la médaille de ce capteur se descelle en basse lumière. En effet le bruit arrive bien plus vite que sur un capteur normal et on perd en plage dynamique (la capacité de capter aussi bien l’information dans les hautes et basses lumières). Si ton utilisation principale se fait dans une lumière contrôlée ou forte alors ce n’est pas bien grave, mais si tu aimes photographier des scènes nocturnes cela peut être vite embêtant.
Ici sur cette photo j’ai dû pousser les ISO à 5000 malgré une ouverture à f/2.8 et le bruit lié à cette montée en ISO m’a semblé arriver bien plus vite que sur les anciens capteurs Sony.
Mode rafale
La rafale continue à 120 images par secondes : c’est l’aspect de cet appareil que j’étais le plus curieux de découvrir et tester. Une rafale de 120 photos RAW en une seconde avec l’autofocus activé ça semblait tout simplement irréel et pourtant Sony l’a fait !
Bien sûr tu n’es pas obligé de systématiquement shooter à cette vitesse, mais dans des cas où l’on photographie de l’action (comme ici le skate) ça peut-être très utile. En effet une telle rafale permet vraiment d’isoler le moment critique d’une figure et de figer l’action. Pour moi c’est quelque chose de vraiment incroyable et pertinent que j’ai hâte de mettre en application dans l’eau.

Paul Lavoine | Sony A9 III | FE 24-70mm f/2.8 GM II | 70mm | f/2.8 | 1/500 | ISO 400
Ergonomie
Habitué aux boîtiers Sony, celui-ci m’a paru légèrement plus épais et surtout possède un plus grand nombre de touches et de molettes qui rendent son utilisation encore plus efficace. La prise en main ne change pas trop par rapport aux autres boîtiers Sony, hormis le fait qu’on à l’impression de tout contrôler du bout des doigts avec les molettes supplémentaires.
L’A9 III possède notamment une molette pour changer le mode de prise de vue (donc la fréquence de la rafale) ce qui est pratique pour savoir si on est sur le bon mode d’un coup d’œil. Il est aussi muni d’un « switch » pour passer de la photo à la vidéo sans pour autant changer de mode ce qui offre beaucoup plus de personnalisation dans les modes (aussi bien en photo qu’en vidéo).
L’écran quant à lui est sans compromis (quoi qu’un peu plus épais que d’habitude) car il s’oriente dans tous les sens en plus d’être tactile. Que se soit pour les nostalgiques des écrans des premières génération des Alpha ou pour les adeptes du vlog, tout le monde y trouve son compte.
À l’intérieur du boîtier, les menus sont très complets, peut-être même un peu trop, j’ai parfois mis un peu de temps à trouver la fonction que je cherchais car j’étais plutôt habitué à l’ancienne architecture. Mais c’est probablement une question d’habitude et d’usage.
Autofocus
L’A9 III est doté du système autofocus le plus performant de la gamme Sony. Avec ses 759 points de contrôle, la quasi-totalité du cadre est passée au crible. Cet autofocus se base notamment sur de la reconnaissance de formes et de sujets, il détecte donc les visages humains et peut même les tracker (très utile en vidéo, notamment pendant les interviews où le sujet peut faire des vas et viens).
Par contre cette reconnaissance peut avoir des limites, parfois on veut mettre en avant l’objet que quelqu’un tient plutôt que la personne elle-même. Dans ce cas là je préconise de régler le mode de focus sur le « spot S », un petit point que l’on peut déplacer dans notre cadre (à l’aide du tactile ou du joystick) pour faire comprendre à l’appareil où l’on veut faire la mise au point.
Mais même cette dernière méthode rencontre des limites en basse lumière malheureusement.

Paul Lavoine | Sony A9 III | FE 24-70mm f/2.8 GM II | 24mm | f/2.8 | 1/250 | ISO 400
Vidéo
De ce que j’ai pu voir pour la vidéo, le Sony A9 III dispose de tous les codecs vidéos et des profils d’images présents sur les boîtiers Sony, ce qui permet notamment de filmer en log.
Comparé aux équivalents chez Canon et Nikon, le Sony n’offre que de la 4K alors que ses concurrents proposent de la 8K. Si filmer dans une telle résolution peut améliorer le rendu sur le papier et peut-être confortable pour recadrer son image en post production, je trouve que cela créer des fichiers bien trop lourds dont l’usage final (réseaux sociaux dans la plupart des cas) dégrade systématiquement la qualité.
Par contre le Sony A9 III est un des rares boîtiers avec l’A7S III a proposer de la 4K 120p sans compromis, ce qui est très appréciable en sport notamment.
Comme mentionné plus haut, les capacités de l’autofocus sont tout à fait appréciables en vidéo et permettent réellement de traquer un sujet dans la plupart des conditions. Je tiens tout de même à souligner que ce n’est pas sans faille et qu’il lui arrive de perdre le sujet par moments, surtout quand ce dernier change ostensiblement de forme.

Paul Lavoine | DJI Mavic 3 | Hasselblad 24mm | f/2.8 | 1/800 | ISO 400
Merci à toi Paul, pour ce retour et ces images prises sur le festival.
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